Université de Nice-Sophia-Antipolis,
Unité de Recherches Migration et Société,
Pôle Universitaire de Saint-Jean d'Angely,
24 avenue des Diables bleus,
06357 Nice cedex 4
Jean-Luc.Primon@unice.fr
  télécharger le document en PDF

1 Pour une critique intéressante des limites du constructivisme en sociologie, on peut se reporter à Bourdieu (1997), Hacking (2001) et Lahire (2001).

2 C’est-à-dire des entités supposées être fondées sur des traits ou des caractères communs et invariants (langue, géographie, culture, parenté, marques physiques, etc.) qui préexisteraient aux rapports, aux relations ou aux interactions sociaux, et dont ils fixeraient les termes.

3 Référent qui, bien souvent, fonctionne comme une attribution ou une assignation catégorielle ou identitaire, mais qui peut aussi être revendiqué et défendu en tant qu’identité commune par les agents sociaux.

4 La question de la mise en catégorie statistique de l’ethnicité et des minorités est posée depuis le milieu des années 1990 en France. Elle divise les chercheurs en sciences sociales sur l’opportunité de ce type de classement et sur les risques de réification des classifications, mais elle interpelle également au premier chef l’Etat, ses institutions et la société civile car, en sus des problèmes de libertés individuelles qu’elle soulève, la question dite des "statistiques ethniques" met en débat la représentation des divisions de l’ordre social et des inégalités que la société française consent à voir et à combattre. Pour une discussion des enjeux, on peut se référer à l’article de Marco Matiniello et Patrick Simon (2005).

5 En sociologie, il existe d’autres approches de l’ethnicisation moins focalisées sur les questions de catégorisation. On pense notamment aux travaux de Wallerstein (1985,1988/1997) qui se sert de cette notion pour lire la division de la force de travail à l’échelle du capitalisme historique.

6 On pourrait voir dans cette formulation la coupure entre le point de vue objectiviste qui assimilait la "race" à une catégorie objective et le point de vue subjectiviste qui va étudier le racisme en tant que phénomène idéologique (Balibar, 2005).

7 C’est cette notion qui est reprise, par exemple, dans un ouvrage paru récemment sur la question sociale et la question raciale (Fassin et Fassin, 2006), mais que l’on trouvait déjà sous la plume de Michel Wieviorka  ou de Philippe Bataille dans les années 1990.

8 C’est cette notion et non celle de racialisation qui est employée, par exemple, par les auteurs de l’Inégalité raciste ou par Etienne Balibar dans les articles rassemblés dans l’ouvrage publié en commun avec Immanuel Wallerstein (1997).

9 Colette Guillaumin précise que toutes les catégories de l’altérité ne sont pas perçues historiquement et socialement  en tant que  "race". Au sens social, le mot race n’apparaît que lorsque la marque biologique est le trait commun d’un ensemble générique (une famille, une classe sociale, un peuple, etc.).

10 La "race" est une catégorie sociale, mais une « catégorie sociale d’exclusion, de meurtre » écrit Colette Guillaumin (1992).

11 Jean-Luc Bonniol, dans les publications issues de ses recherches sur les sociétés esclavagistes et post-esclavagistes et dans sa contribution au présent dossier, propose une étude originale d’un  processus historique de racialisation qui prend la forme d’une autonomisation de la  "race" dans l’ordre social et transforme la catégorie de race en un schème opératoire.