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Aménagement et débat public :
des pratiques en construction
Présentation du dossier
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Maurice Olive *
Ce dossier se propose déclairer les enjeux et les limites des pratiques de concertation pour traiter des choix en matière daménagement et denvironnement. Les innovations récentes transformant les processus de décision dans ce domaine font, en France, une large place à la notion de «débat public «. La loi du 2 février1995 relative à la protection de lenvironnement, dite «loi Barnier », sy réfère expressément qui crée une nouvelle instance, la Commission nationale du débat public (CNDP), chargée de veiller à la qualité des débats sur les grands projets daménagement ou déquipement, dès lors quils présentent de forts enjeux économiques ou quils ont un impact significatif sur lenvironnement ou le cadre de vie. Linstitutionnalisation du débat public sest plus récemment renforcée avec la loi sur la démocratie de proximité du 7 février 2002, qui confère à la Commission le statut dautorité administrative indépendante, et lui confie un rôle plus systématique et plus large de garant de la participation du public au processus délaboration des projets1.
Mais le «débat public» nest pas quune nouvelle catégorie du droit : il est dabord un terme qui désigne lensemble des processus de traitement des problèmes communs dans lespace public. Reprendre ce terme générique pour désigner une modalité de laction publique dans un domaine particulier souligne pour le moins que les problèmes daménagement et denvironnement engagent notre monde commun, notre vie, notre milieu, et ce que nous laisserons aux générations à venir. Laction publique y fait face à une triple hétérogénéité de ses enjeux, de ses programmes, de ses réseaux dacteurs. Cette hétérogénéité des échelles de temps, des échelles spatiales, des échelles de problèmes est redoublée par lengagement dans laction dagents aux stratégies, aux capacités de mobilisation et aux finalités elles-mêmes diversifiées ce que les procédures cherchent précisément à encadrer. Le dossier sattache à rendre compte de cette complexité et de ses conséquences pour lactivité des acteurs, maîtres douvrage, pilotes de la concertation, public participant. Il sefforce dans le même esprit de restituer laction publique dans ses tâtonnements et ses incertitudes, dès lors quelle accepte dêtre débattue dans lespace public : concertation et débat y seront abordés comme des pratiques en construction, nécessairement disparates, donnant lieu à des engagements contrastés, et surtout sujettes à des tensions entre une nouvelle norme pour laction, celle de la mise en discussion des routines professionnelles et des représentations quélus et techniciens ont de la «bonne» maîtrise douvrage.
Il ne sagit donc pas ici denvisager la question de la concertation dans son rapport au renouveau de la démocratie locale ou de proximité, mais de suivre les pratiques des acteurs engagés dans la discussion publique de projets daménagement et danalyser le fonctionnement des dispositifs de concertation existants. Doù limportance de ce que lon a coutume dappeler le «terrain» dans le jargon des sciences sociales. Cest en effet un parti pris de ce dossier que de privilégier une approche empirique, à partir dun échantillon diversifié de sites et de projets : extension du port de Nice, implantation dune ligne THT entre Boutre et Carros (Verdon), opération dintérêt national Euroméditerranée à Marseille contournement autoroutier dArles, protection de létang de Berre, prolongement dans sa partie nord de la rocade L2 à Marseille, révision du POS sur un quartier marseillais. Les articles rassemblés dans ce dossier présentent quelques-uns des résultats denquêtes ou de démarches menées, à divers titres (thèse de doctorat, contrat de recherche, recherche-action, animation de concertation), par leurs auteurs, chercheurs ou apprentis-chercheurs, universitaires et consultants. Certaines contributions se présentent donc sous forme de synthèse de travaux déjà publiés ou diffusés, voire destinés à dautres publics que le lectorat de Faire Savoirs (Maurice Olive, Jérôme Dubois, Mathieu Leborgne,), dautres sont inédites et à caractère universitaire (Jean-Michel Fourniau), dautres encore prennent la forme de retours dexpérience (Etienne Ballan et Pierrick Cezanne-Bert, Etienne Ballan) ou se veulent dans une posture intermédiaire (Anne Le Guillou et Vincent Baggioni). Toutes, à leur manière, entendent alimenter la réflexion sur le sens et les pratiques de la concertation dans laction publique.
Trois séries de questionnements structurent, avec plus ou moins de récurrence, lensemble des contributions au dossier :
- Les outils institutionnels de la démocratie participative et, plus largement, les procédures dencadrement du débat autorisent-ils le contrôle de processus marqués par la fragmentation des décisions, léclatement des acteurs et lindétermination des objectifs ? Comment, à quelle échelle et auprès de qui peut-on débattre des enjeux daménagement ? Le recours croissant à la contractualisation, la dilution de la maîtrise douvrage entre partenaires et financeurs offrent-ils des opportunités de débat ? Rendent-ils au contraire plus délicat lexercice de la concertation ?
- Lhétérogénéité des normes et des acteurs de laction publique nécessite souvent des arbitrages, plus ou moins formalisés, entre objectifs et «grandeurs» contradictoires. Valorisés dans les discours politiques, garantis par des procédures, le débat public et la concertation sont de plus en plus souvent présentés comme des modes légitimes de résolution de ces tensions. Cependant, et cest là leur ambivalence, ils apparaissent aussi comme une injonction normative, susceptible de créer de nouveaux espaces de conflits, den déplacer les frontières et les échelles, den radicaliser le ton sur des enjeux inédits. Toute une série de questions peuvent dès lors être envisagées. Dans quelle mesure la concertation permet-elle à de nouveaux dacteurs démerger, voire de «sinstituer» en interlocuteurs solidaires et légitimes ? En exclut-elle dautres, porteurs de visions jugées «indignes» du territoire (au regard, par exemple, de prescriptions écologistes ou modernisatrices) ? Quel rôle les élus peuvent-ils jouer dans cette rationalité procédurale ? Leur prétention à incarner un intérêt général territorial nest-elle pas en partie remise en cause ? Ladministration locale, et notamment les services extérieurs de lEtat, sort-elle renforcée ou affaiblie de ces expériences procédurales ?
- Comment, concrètement, la maîtrise duvre du débat sorganise-t-elle sur le terrain ? A quelle(s) ressource(s) (connaissance du territoire, militantisme associatif, formation en communication ou en management) donne-t-elle accès de manière privilégiée ? Le développement de la concertation dans laction publique favorise-t-il lémergence de nouveaux métiers, de nouveaux emplois ou, à défaut, de nouvelles qualifications sur des postes existants ? Offre-t-il lopportunité de valider des expériences en dehors de toute logique de certification ? Encourage-t-il au contraire la formation dun nouveau marché fondé sur lexpertise ? Et quest-ce qui, des sciences sociales ou des techniques de négociation, est-il en ce cas considéré comme un savoir « utile » ?
Lesprit de ce dossier, on laura compris, nest pas darbitrer entre le point de vue des sceptiques (« le débat public nest quun habillage », « la concertation est instrumentée », etc.) et celui des angéliques (« la démocratie délibérative est la solution idéale à tous nos problèmes »), et moins encore de défendre lun ou lautre de ces points de vue. Il sagit davantage de mettre à distance ces arguments, et dinterroger les effets (éventuellement pervers) dune nouvelle norme procédurale sur la pratique des acteurs (maîtres douvrages, associations, élus, «experts», collectifs dhabitants ou dusagers, etc.), sur les relations quils entretiennent entre eux et, au-delà, sur les modes de régulation politique locale. Il nest pas question de reprendre ici toute la matière développée dans les articles. Nous voudrions juste mettre laccent sur quelques-unes de leurs conclusions les plus saillantes et transversales, en les regroupant autour de trois grands thèmes : celui des scènes institutionnelles de débat et de concertation publics, celui des effets de la concertation sur les milieux associatifs, celui, enfin, de la possible constitution de la concertation en un champ dactivités spécifique.
Un premier thème de réflexion pose la question du débat dans un contexte marqué par la multiplication des échelles de décision et le recours croissant à la contractualisation dans les politiques publiques. Cest le cas de la grande opération daménagement urbain du centre nord de Marseille, Euroméditerranée, présentée dans ce dossier par Maurice Olive. Piloté par lEtat, dans un partenariat élargi à lensemble des collectivités intéressées, le projet se construit au fil des accords politiques ou, plus souvent, financiers que les acteurs sefforcent de trouver : la recherche de compromis sur lesquels fonder ces accords aboutit alors à privilégier des formes négociées, plutôt que débattues, daction publique. Les discussions existent mais se limitent à des «arènes» spécialisées, et le plus souvent instrumentées par des stratégies professionnelles et institutionnelle : difficile, en ce cas, de parler de débat public, entendu comme un espace de mise en publicité des arguments de chacun, des définitions légitimes et des problèmes à résoudre. Lexclusion du débat au nom du consensus est sans doute aussi lune des principales limites pointées par Jérôme Dubois dans son article sur létang de Berre. Créé pour amener les acteurs locaux (services de lEtat, élus, associations de défense de lenvironnement, pêcheurs, EDF, etc.) à saccorder sur des solutions de sauvegarde de létang, le GIPREB2, qui ne dispose daucun pouvoir de décision, exclut dans ses statuts de remettre en cause ce qui, justement, est lun des problèmes les plus conflictuels sur le site : les rejets deau douce du canal EDF dans létang. Vitrine institutionnelle de la concertation, le Groupement est ainsi pris dans une double contrainte : se priver du soutien dEDF, dont la participation est, demblée, conditionnée à linscription de cette clause, ou débattre librement de toutes les alternatives proposées par les associations locales, y compris celles aujourdhui exclues du groupement qui défendent les positions les plus radicales sur le sujet. La limite de ces instances de concertation est dautant plus forte quelles sont amenées à débattre localement de problèmes qui seront arbitrés à dautres échelles : en créant le GIP, nous dit Jérôme Dubois, lEtat abandonne son rôle de régulateur à une arène de débat parallèle dont il sait par avance quelle ne pourra pas régler le problème ni assurer les arbitrages nécessaires entre les différents usages. Ouvrant quelques pistes sur la « bonne manière » de faire débat à partir du cas niçois (débat public sur lextension du port), Jean-Michel Fourniau souligne de son côté limportance du partage de «lexpérience sensible» dès lors quil autorise la reconnaissance de points de vue qui nont pas encore trouvé de légitimité politique. Cest bien là, nous dit-il, le principal enjeu du débat, « organisé non pour être clos par un consensus mais pour produire des effets de composition dun collectif qui prendra en charge ses prolongements ». Ce qui revient à poser la question des héritages du débat, et de ses effets sur les territoires.
Une deuxième série denseignements est celle des effets de la mise en débat sur le tissu associatif local. Parce quils ouvrent un espace de discussion plus largement accessible que les arènes institutionnelles, traditionnellement réservées aux notabilités locales (électives ou associatives), le débat public et, plus largement, les politiques concertées favorisent volontairement ou pas la constitution de collectifs suivant des logiques qui ne sont pas seulement réactives ou protestataires. Cest le cas du « Collectif L2 Nord », qui se constitue à la faveur du projet, piloté par la DDE 13, douverture de la section Nord de la rocade autoroutière L2 à Marseille (Anne Le Guillou et Vincent Baggioni). Les formes de solidarités qui sy organisent sont intéressantes à observer dans la mesure où le Collectif associe à une même dynamique de participation le public des Comités dintérêt de quartier (CIQ), plutôt représentatif de lhabitat ancien, aux associations de locataires des cités riveraines des anciens noyaux villageois (Sainte-Marthe, Saint-Joseph, Le Merlan). La mobilisation, ici, crée plus de «lien social» que les nombreux dispositifs des politiques de la ville, concentrés sur des publics très homogènes. A Nice, lopposition au projet dextension du port ne se limite pas aux riverains, mais le débat public fait naître une alliance entre des associations elles aussi très diverses qui, réunies en collectif, ont éprouvé une convergence de vues sur la démocratie participative (Jean-Michel Fourniau). Le débat a aussi été loccasion dun important travail daffirmation identitaire, alimenté dune réflexion contradictoire sur ce quhabiter Nice signifie. A Marseille, sur le périmètre dEuroméditerranée, où le débat na en revanche pas eu lieu, la mobilisation est à la fois discrète et tardive, et surtout limitée à un travail de veille sur lévolution du projet en matière dhabitat (Maurice Olive). Si le débat favorise lémergence dacteurs associatifs, il peut être aussi un facteur de division. Cest bien la thèse que défend Mathieu Leborgne à propos du débat public organisé sur le Verdon. La coopération qui se dessine à cette occasion entre le maître douvrage (EDF) et certains acteurs associatifs provoque une réaction de méfiance (parfois jusquà la scission) dune partie du monde associatif à légard de ce que lauteur appelle la « composante leader ». Daprès Mathieu Leborgne, la procédure du débat public a donc eu pour effet de réactiver les clivages entre les différentes formes dengagement associatif présentes sur le territoire, en particulier celles de « lexpertise » et de la « communauté locale ». Jérôme Dubois ne dit pas autre chose lorsquil affirme que linstauration dune arène de concertation (le GIPREB) a contribué à la radicalisation de ceux qui ont été exclus et ont cherché, notamment par des voies juridiques, à perturber les enjeux de la négociation. Parce quil radicalise les positions, le débat court toujours le risque, non seulement denfermer les participants dans un affrontement circulaire (comme à Nice), mais aussi daffaiblir la mobilisation associative. Doù la nécessité, en conclut Jean-Michel Fourniau, de ne pas enfermer le débat dans la consultation des points de vue déjà formés sur le projet. Cest là un autre enjeu du débat public : ne pas chercher une illusoire représentation de « lopinion publique » sur un projet déjà là, mais favoriser le « concernement »3 dindividus ou de groupes en les associant à lélaboration collective de lintérêt général y compris sur le mode du partage de lexpérience sensible. Cest bien le sens du pari de lassociation Arènes qui, à linitiative du Collectif pour un projet urbain, met en place sur le quartier de Sainte-Marthe (Marseille, 14ème), ouvert à lurbanisation, un Festival de lArt des Lieux, offrant aux artistes un espace dexpression sur le site et ses richesses (Etienne Ballan). En suscitant « lintérêt des désintéressés », à partir dune expérience vécue sur les lieux par le public des spectateurs, lassociation entend ainsi exercer une pression sur les pouvoirs publics (principalement, la Ville de Marseille) pour lamener à ouvrir le débat que les comités de quartier revendiquent sans succès.
Un dernier thème mérite dêtre rapidement évoqué, qui justifie en grande partie le titre du dossier : celui de lémergence dun nouveau champ dactivités en ingénierie du débat et de la concertation. La multiplication des procédures de concertation et, plus largement, la diffusion dune nouvelle « norme délibérative »4 dans les politiques publiques contraint de plus en plus souvent la maîtrise douvrage à consulter le public en amont des projets. Or, que ce soient les services déconcentrés de lEtat, les élus ou leurs établissements, tous sont peu préparés à cet exercice, traditionnellement perçu comme une contrainte dans les métiers de laménagement, et le plus souvent vécu comme une épreuve, voire une mise en cause de soi par les porteurs de projets. Rares sont également les maîtres douvrages à disposer des compétences et des ressources nécessaires pour animer et mener à bien, dans la durée, non plus la communication du projet mais la participation du public. La diffusion, dans les cursus de formation professionnelle, dun savoir-faire de la concertation, les apprentissages auxquels sa pratique donne lieu, sa timide institutionnalisation en marge des organigrammes (sous forme, par exemple, de chargés de mission, comme pour lEPA Euroméditerranée), la délégation du débat à des structures ad hoc, plus ou moins permanentes et indépendantes de la maîtrise douvrage (GIPREB pour létang de Berre, Commission particulière de débat public sur Nice ou le Verdon), nexclut pas voire alimente une demande politique croissante en méthodologie de la concertation publique, du même type de celle qui, depuis la décentralisation, a favorisé le développement des cabinets de consultants en communication, conduite de projet ou ingénierie sociale urbaine. Cette demande, qui nest dailleurs pas nécessairement dorigine publique, emprunte par moment des voies originales, à caractère militant, comme le Festival de lArt des Lieux organisé par Arènes (Etienne Ballan), ou proche des recherches-action menées sur le mode de lintervention sociologique, comme la concertation menée par les associations Arènes et CESSA sur le projet de contournement autoroutier dArles (Etienne Ballan et Pierrick Cézanne-Bert). Cette dernière expérience, sur laquelle les protagonistes ont opéré un retour pour ce dossier, témoigne bien du caractère tâtonnant des pratiques de concertation. Les échanges qui ont eu lieu, sous forme de table-ronde, entre les principaux animateurs de la concertation (responsables associatifs, élu, représentant de la CCI et sociologues) montrent la difficulté quil y a à saccorder sur le sens de la démarche, sur ce que chacun est susceptible den attendre et dattendre des autres. Que les sociologues participants soient eux-mêmes à linitiative de la table-ronde, que la DDE ne puisse finalement y participer, prouve à quel point les rôles sont encore très mal stabilisés. Ceci, tout au moins, lorsque la démarche sefforce de dépasser les voies très balisées des réunions et de la communication publiques. Ce qui est rarement le cas, on le voit bien avec la concertation, très instrumentée, sur le projet L2 Nord à Marseille : pour contourner le Collectif L2 Nord, au nom dune représentativité quelle juge insuffisante, la DDE adresse sa campagne de communication à «lhabitant», « figure abstraite et totale, doué dune parole authentique, dénué dintérêt particulier, porteur symptomatique dune vérité, dun besoin collectif » (Anne Le Guillou, Vincent Baggioni). Il en est de même avec lopération Euroméditerranée, où le dialogue avec «les habitants» est pour lessentiel délégué à des professionnels de la médiation sociale ou, beaucoup plus souvent, de la communication et du multimédia, suivant une conception renouvelée du management des opérations urbaines (Maurice Olive). Diversité des pratiques, des profils professionnels et des conceptions de la concertation mises en oeuvre, manque de rigueur méthodologique, faible capitalisation des expériences, déficit de reconnaissance, ambiguïté des rapports entre commanditaires et animateurs du débat : sur bien des points, le champ de la concertation est aujourdhui comparable à celui de lévaluation en France à laube des années 805.
Linstitutionnalisation de la concertation et, au-delà, laffirmation progressive dun véritable « droit à la participation »6 au bénéfice des citoyens, amènent à poser la délicate question de sa plus-value démocratique. Il ne fait aucun doute que la reconnaissance dun tel droit, et sa traduction dans des dispositifs formels, offre à toute personne intéressée par laction publique une légitimité pour y prendre part, là où, en France, la citoyenneté nouvre guère dautres droits politiques que celui de désigner ses représentants. Reste que la participation du public est toujours sur le fil du rasoir, entre ambition démocratique et modernisation de la décision publique, aux seules fins de désamorcer les conflits. On ne peut ici que songer à lévolution des politiques de la ville : parties dans les années 80 dun projet militant fondateur utiliser la démarche de projet comme un levier de la citoyenneté locale , ces dernières se sont progressivement détournées du lien avec les habitants pour se concentrer sur la coordination (toujours plus coûteuse) des partenariats institutionnels7. Dans le même esprit, le risque est grand que les objectifs politiques du débat public ouvrir des voies daccès à lespace public en dehors des circuits notabiliaires ne seffacent en même temps quil se professionnalise ; et quil cède le pas devant les préoccupations légitimes, mais plus prosaïquement managériales, dune maîtrise douvrage pour le coup bien «maîtrisée».
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