
Au Sud-Est de la France, la Camargue, située à l'embouchure du Rhône, s'étend sur l'aire géologique du delta du fleuve. Elle est souvent considérée comme une «île», enserrée entre la mer Méditerranée et les deux bras du Rhône, dont le delta demeura mouvant jusqu'à la fin du XIXème siècle. De cette situation géologique et géographique résultent les caractéristiques écologiques de ce vaste territoire, issu des sédimentations successives apportées par les flux et reflux du fleuve et de la mer. Les débordements et les déplacements du fleuve ont très tôt amené l'homme à construire des protections. Toutefois, l'endiguement du fleuve, commencé dès l'Antiquité, ne fut total qu'à partir de 1869. Aujourd'hui, une centaine de kilomètres de digues protègent ainsi les activités humaines développées en Camargue. Pour les besoins de l'agriculture en eau douce, un complexe réseau d'irrigation et de drainage a été développé, en aval des systèmes de pompage dans le Rhône. Ces lourds investissements ont été rendus possibles par la logique latifundiaire caractéristique du système socio-économique camarguais.
La Camargue est peu densément peuplée, avec environ 7 500 habitants pour 750 km2. En plusieurs siècles, la taille de la population camarguaise n'a subi que peu de fluctuations ; en revanche, aux cours des dernières décennies, elle a connu un processus de péri-urbanisation. Deux communes parmi les plus étendues de France se partagent son territoire : Arles, 52 000 habitants (dont 5 300 en Camargue), et les Saintes-Maries-de-la-Mer, 2 200 habitants.
Le climat camarguais, de type méditerranéen, mais dont certains traits sont plus accusés que dans les régions voisines, contribue à donner au delta son originalité. La hauteur des précipitations y est particulièrement faible (moins de 600 mm par an), les températures descendent rarement au-dessous de 5°C en hiver et sont particulièrement élevées en été et, surtout, le régime des vents est très accentué, du fait de sa position géographique au débouché du couloir rhodanien sur la Méditerranée. Le mistral est le plus connu de ces vents. Il se manifeste toute l'année, souvent avec violence, provoquant un abaissement sensible des températures, accroissant l'évaporation et diminuant l'humidité atmosphérique. C'est le facteur climatique qui marque le plus profondément le paysage, l'habitat et les pratiques culturales.
Sources, Population, superficie : PNRC
(http://www.parcs-naturels-regionaux.tm.fr/lesparcs/camaa.html)
Climat :
Heurteaux P., 1969. Recherches sur les rapports des eaux souterraines avec les eaux de surface (étangs, marais, rizières), les sols halomorphes et la végétation en Camargue, thèse de doctorat en sciences naturelles, Université de Montpellier, 226 p.
Picon B., 1978. L'espace et le temps en Camargue, Arles: Actes Sud, réédition, 1988.